Personne ne
peut nier que les règles et structures de la narration cinématographique sont d’une
simplicité enfantine. Dans la plupart des scripts nous suivons un personnage
depuis un point « A » jusqu’à un point « B ». L’homme
va devoir franchir un bon nombre d’obstacles au cours de sa quête jusqu’à la
séquence de fin on nous apprendrons, anxieux que nous sommes, si ce bougre de
personnage principal finit par résoudre ou pas son problème.
Lorsque le
scénariste (ou le dernier logiciel providentiel) se contente
d’appliquer de manière systématique et bornée ce genre de règles le
résultat est à la mesure de la réflexion et nous l’appellerons film de série B
ou simple divertissement, voir même divertissement simple. Si au contraire un
auteur plus ambitieux prend la peine de
s’appuyer sur ces structures ou clichés c’est bien souvent dans le seul
but de permettre aux spectateurs de
pénétrer plus facilement et rapidement dans son univers et du même coup celui
de ses personnages.
Dans les
deux cas, ces règles sont à utiliser avec beaucoup de prudence et intelligence sous peine de plonger la tête la
première dans la niaiserie ou la stupidité. Dans le film « La
clinique de l’Amour » le dernier film d’Artus de Penguen(1), le perfide réalisateur
a visiblement fait ce choix délibéré et
nous ne pouvons pas lui en tenir rigueur tant la parodie est irrésistible. Le
point de départ du film (un homme doit empêcher le rachat de la clinique
familiale par une très méchante et tentaculaire multinationale) est à lui
seul une sorte de mètre étalon, de la situation-comedy. Ne
comptez surtout pas sur moi pour vous révéler ici quelques gags hilarants dans
l’unique but de vous faire saliver (pour ça, lisez un journal sérieux) sachez
seulement que l’intrigue galope crescendo jusqu’à un climax totalement inimaginable
et farfelu (cet adjectif retrouvant ici son sens premier.) Quant aux
personnages, ils ne sont que grossière caricature et rien d’autre. La plupart d’entre
eux n’ont qu’un seul rêve caché (encore un poncif lié à la construction du personnage) :
une petite maison, des enfants, et un barbecue au fond du jardin pour faire cuire du bacon.
Avouons donc qu’il est assez réconfortant de visionner un film qui s’auto-parodie
lui-même dans ses structures et ses situations au cœur de cette triste époque ou la plus grande partie des
productions font de même sans le savoir vraiment.
Il est doux
de penser aussi que les spectateurs qui ont qualifié cette œuvre de « totalement
conne » (si, si, je l’ai lu quelque
part) sont probablement les mêmes qui ingurgitent sans émotion et à longueur d’année
la même soupe en boite, préparée et conditionnée par les scénaristes cités plus
haut. Misérables imbéciles !
Bref, ce film
est une distraction simple, saine et intelligente et il y a un sacré bout de
temps qu’une production française ne m’avait pas procuré tant d’agréments.
Ecrit le 24
janvier 2015, totalement sain de corps et d’esprit.
Julius Marx
( (1) Dernier est bien
l’adjectif adéquat car cet homme estimable est mort l’année dernière. C’est
bien triste.
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