vendredi 19 novembre 2021

Série Noire

 

Nous le savons tous, l'Amérique est le berceau de notre civilisation , la patrie de la liberté, le Paradis de la libre entreprise (musique allégorique-bannière étoilée qui flotte au vent ! ) Aussi, lorsque des petits futés pondent une série ( gardez-vous de parler de feuilleton, les jeunes vous classerons illico dans la catégorie des indécrottables ringards) qui vient bousculer un peu tout cela, nous sommes dubitatifs. Nous glissons même dans la stupéfaction en apprenant que la dite série est produite par la multinationale du divertissement: Netflix. 

Better call  Saul nous conte l'histoire de deux frères avocats. Caïn qui respecte la loi et l'ordre et Abel qui prend quelques libertés avec la Bible. En usant de ces deux piliers indéfectibles du roman Noir, les auteurs nous font frissonner de plaisir. Puis, au fil des épisodes, nous laissons même éclater notre joie ! Une joie démesurée même en comprenant que les "Bons" du côté de la loi sont beaucoup plus corrompus et sans scrupules que  les "méchants". Cette cruelle autopsie de l'Amérique via ses institutions judiciaires se révèle particulièrement efficace( pas très loin du Don Winslow de Corruption, par exemple). Voilà donc clairement exposé un autre pilier du roman Noir : l'ordre du droit. Ici, l'ordre du droit n'est pas bon et le pouvoir est exercé par des salauds corrompus. Vous avez l'impression de vous retrouver dans un  polar de Hammett, Mc Coy ou Burnett? Vous avez raison.

Chacun des personnages cherche désespérément à survivre dans ce monde hostile, chacun à sa manière, qu'il soit ancien flic, revendeur de drogue, ou simple employé d'une chaine pondant des Donuts. Tout ceci est bien triste mes chers amis. Les petites fourmis travailleuses vont-elles finir par se faire écraser sous les pas des puissants? Bonne question: nous verrons cela au fil des saisons.

Enfin, il faut ajouter que les différents réalisateurs et chefs opérateurs de chaque épisode  ne cherche pas à se la jouer moderne (voilà que je parle comme les jeunes, maintenant!) L'ensemble est cohérent, aussi bien dans les images que dans la ligne dramatique. Une série Noire avec un réel contenu: Bonté Divine ! Il y a si longtemps que j'attendais ça!

Julius Marx 


lundi 13 septembre 2021

Un homme disparaît

 



Et hop ! Encore un monstre sacré du cinéma français qui disparaît. A ce train-là, notre Jurassic Parc hexagonal ne tardera pas à ressembler à un petit zoo régional ou à la fosse aux ours de Berne. Pour mettre à jour cette Monstrueuse Parade, je me devais de publier ici l'article qui suit, histoire de remettre un peu de bon sens dans le cerveau perturbé de nos critiques. Mais, ces histrions  ont-ils un cerveau?

"Quel point commun y-a-il entre ces films pour le moins dissemblables, Spartacus, La Chaîne, Papillon, Ashanti, La légion saute sur Kolwezi? Ils ont tous servi à l'élaboration des vingt premières minutes du Professionnel, nouveau film interprété par Jean-Paul Belmondo.

Car dans ces quelques instants, Belmondo-le-dur est drogué par les cruels Africains dont la perfidie n'a d'égal que la bêtise, jeté en prison, enfin, au bagne, obligé de charrier des pierres, sauvagement battu, mis au cachot, humilié, rossé d'importance, et finit par s'évader en compagnie du "bon nègre"  de service (mais oui, ce film au racisme de bon aloi en contient tout de même un, si bien qu'on croirait Mission Impossible !) La maladresse et l'irréflexion de son compagnon mettent Belmondo en mauvaise posture, mais ilo s'en sort quand même.

Palpitant, non? Et après ça, le film commence, puisque de telles vilenies, commises par des nègres de surcroît, demandent réparation. Donc une bonne vieille histoire de vengeance dans la jungle de bitume de Paris va suivre. Au terme de laquelle, nous sommes heureux de vous l'annoncer, brisant ainsi un suspens insoutenable, ce pauvre Belmondo trouvera une mort totalement injuste et inutile. Le spectateur, la gorge serrée par l'amertume, rentrera chez lui les poings crispés, dans sanglots dans la voix, maugréant ""Ah les salauds!" tout bas, pour que ses voisins de métro ne puissent détecter le profond désarroi qui l'étreint. Enfin, c'est sans doute le résultat espéré par les auteurs de ce film.

Dommage pour eux, car tout y est si mal monté, découpé (que d'erreurs!) , écrit et filmé que même l'incroyable démagogie du scénario ne peut empêcher l'oeuvre de sombrer. Rassurez-vous cependant, Belmondo s'est ménagé une scène où il fait le pitre en imitant Michel Simon. on s'amuse comme on peut."

Jean-Patrick Manchette

Les yeux de la Momie

(Octobre 1981)

J'ajouterai simplement à cette mise au point nécessaire que le copiste-télévisuel ayant cru bon de se moquer le jour de la mort de Belmondo d'un chroniqueur sportif avouant qu'il croyait jusqu'à ce jour que la fameuse musique du film était celle de la pub Royal-Canin est un âne. Un chroniqueur sportif est  généralement capable de reconnaître une oeuvre lorsqu'il en voit une. Pas lui, manifestement. Triste époque. 

mardi 23 mars 2021

Love Story

 





Pour un cinéma se revendiquant du réel il va de soi  que les baisers chastes, les souries complices et les clins d'oeil amoureux se transforment illico en fellations brutales et rapides. Il va de soi aussi que la jeune effarouchée qui cachait  pudiquement ses seins au petit matin  à l'homme qui venait de lui faire passer une nuit inoubliable  dévoile aujourd'hui son anatomie au spectateur qui a tout le loisir de compter ses grains de beauté. Même l'acte est devenu sauvage. Souvenez-vous de notre Antoinette césarisée qui se donne à son amant  par une nuit de pleine lune dans l'enclos  des ânes. Là où la caméra pannautait lentement pour s'arrêter sur un joli bouquet de marguerites posé sur le buffet, lorsque le couple , achevant les préliminaires se lançait dans les choses sérieuses (revoyez le très bon gag du premier opus d'OSS 117) elle a maintenant décidé de filmer tout ou presque d'une façon quasi chirurgicale. Elle s'accorde même une vulgarité révoltante la caméra (souvenez-vous du Lac aux oies sauvages où l'unique "scène d'amour " s'achève avec une femme qui crache la semence de l'homme dans le lac. Ou bien encore dans ce film israélien dont j'ai heureusement oublié le titre qui nous montre un homme pénétrant par effraction dans une cellule. L'individu a tout juste le temps d'ouvrir les yeux que la jeune femme qui occupe la pièce se jette à ses pieds et s'occupe de sa braguette!

Quant au vrai cinéma porno (celui qui ne cache pas son nom) il est satisfait de ce changement notable. Quand je dis qu'il est satisfait , je pense bien entendu aux producteurs qui n'ont plus le soucis de dénicher un scénariste, exhortant leurs metteurs en scène à passer tout de suite dans le vif du sujet (si j'ose dire). Ainsi, nous n'aurons plus le plaisir de découvrir des titres charmants comme "Ca glisse au pays des merveilles" remplacés par "Défonces-moi vite !"

Alors, l'érostime, le sensuel (bref tout ce qui peut exciter le rôdeur des salles obscures) est-il déjà mort? Vaste sujet. Remarquez que l'expression salles obscures est déjà obsolète. Mais bon, la  question reste ; est-ce que le tee-shirt déchiré de Marlon Brando dans le Tramway est plus excitant , à première vue, que les fesses de François Cluzet?

Bon, finissons avec quelque chose de beaucoup plus rafraîchissant et le film produit par Netflix pour les frères Coen. Il s'agit d'un western (je devrais dire de plusieurs westerns parce que nos petits frangins futés ont décidé d'explorer un style de western  par séquence. Je trouve la séquence du chercheur d'or  admirablement joué par le grand Tom Waits d'une beauté sans limite. Mais il y en a bien pour tout les goûts dans ce western "à facettes".

Vous voyez que le cinéma existe toujours ! j'allais écrire excite toujours. Bisous mes chéris.

Julius Marx

dimanche 28 février 2021

Cinéma d'hier

 


« Bavardons sur des détails culturels récents », comme dirait l’autre. Même si, dans le passé, notre bon ciné-club ne s’est pas beaucoup intéressé aux films fraîchement éjectés des ordinateurs-friends ; aujourd’hui, faisons une exception avec ce très jubilatoire Parasites du coréen Bong Joon Ho (2019). Signalons tout de même pour clore définitivement ce chapitre passé/présent que ce film appartient bel et bien à l’école « référence d’un cinéma passé ». Vérifions tout cela ipso-facto.

Une fois n’est pas coutume débutons notre réflexion par la lumière et les cadrages avant de nous intéresser à la ligne dramatique. Une lumière magnifiquement adaptée à chaque séquence, comme par exemple dans toutes les scènes tournées dans la maison des riches avec autant de détails cachés que révélés. Une géométrie parfaite permettant d’accentuer la différence considérable entre le logement des misérables (sorte de Bassi napolitains, comparables à des entresols) et les fenêtres grandes ouvertes laissant entrer des flots de lumière de la maison des possédants. Quant aux cadrages, ils sont encore conçus pour visualiser l’écart entre les riches et les pauvres (ne cherchez pas à obtenir de ma part des renseignements précis au sujet des focales ou de certains objectifs qui permettent ce jeu, achetez une revue spécialisée) et ils laissent très souvent le loisir de laisser deviner aux spectateurs qui peut se cacher dans les nombreuses zones d’ombre.

Côté intrigue, il ne vous a pas échappé que notre histoire est encore une amère confrontation entre le monde d’en haut et celui d’en bas avec la même morale de fin que, disons High and Low de Akira Kurosawa (allons bon, voilà que l’on reparle du passé!)

Voyons maintenant le script où l’on peut retrouver à peu près toutes les « astuces » d’un script hollywoodien. Quelques exemples ? Volontiers. Constatons que le tout premier plan du film (une paire de chaussettes qui sèchent, si ma mémoire ne me fait pas défaut) est aussi le tout dernier après l’apothéose finale. Une astuce qui permet d’ouvrir de nouer et de dénouer très habilement le récit et qui nous apprend que, hélas, rien ne saurait changer vraiment dans ce monde. Et puis, il y a les liaisons dites de logique dramatique dont nous avons déjà discuté ensemble ; objet sur objet ou son sur son qui lient les scènes entre elles et donnent une rapidité surprenante à l’intrigue. Quant aux personnages, nous savons tout (ou presque, rappelez-vous de la fameuse zone d’ombre) sur leur vies, leurs attentes et leur motivations. Soyons aussi agréablement surpris par les comédiens « vrais », les dialogues brefs et concis qui font toujours progresser l’intrigue. Enfin, amusons-nous de ces nombreux rebondissements (celui de l’homme caché dans la cave est hilarant) saupoudrés de façon toute Hitcthcockienne dans le récit.

Bref, Concluons que ce Parasites porte bien toutes les valeurs du film noir sans être étiqueté comme tel, semble-t-il. Noir, parce que la critique sociale y est évidente et que son traitement s’articule autour de combines plus ou moins malsaines et de meurtres.

S’il nous arrive de sourire (voir même de laisser éclater notre joie) pendant la projection, il faut bien se résoudre à penser, tout de même, en sortant du complexe de seize salles planté au milieu du centre commercial, que nous avons ri jaune (ha ha… Une blague raciste de ce passé dont je vous parlai plus haut !)

Julius Marx

Au pays des pangolins

 





Avertissement : Cette présente chronique a exceptionnellement été écrite à deux.

Le Lac aux Oies Sauvages (Fiction-2019) de Diao Yinan est un documentaire très édifiant et fort instructif sur la Chine, ses hommes, ses femmes, leurs vêtements et leurs motocyclettes. Le spectateur attentif pourra y découvrir :

-Des gangs de voleurs de motocyclettes vêtus de tee-shirt rayés luttant avec d’autres gangs de voleurs de motocyclettes vêtus de tee-shirts bariolés.

-Des policiers casqués sur leurs motocyclettes vêtus de tee-shirts de contrefaçon, tentant d’appréhender ces mêmes gangs de voleurs de motocyclettes.

-Des prostituées joliment appelées « baigneuses » coiffées de grands chapeaux blancs.

-De la pluie...Beaucoup de pluie.

-Des travailleurs et des travailleuses vêtus de blouses réglementaires, solidement encadrés par des bandes mafieuses.

-Des « souteneurs » vêtus de pantalons blancs.

-Des clients de prostituées vêtus de chemises aux couleurs criardes.

-Des immeubles pourrissants flottant dans les immondices, à côté desquels ceux du Caire ou de Kinshasa font figure de Palaces.

Et enfin ( pour ma part, le clou du spectacle!) des groupes mixtes aux gestes mécaniques portant des chaussures aux semelles clignotantes, dansant sur le morceau Raspoutine du groupe BoneyM.

Le spectateur pourra aussi découvrir des comédiens réussissant l’exploit de demeurer une heure et cinquante minutes avec la même expression sur le visage.

Côté technique, l’habitant du monde libre pourra conclure de lui-même que le chef opérateur du documentaire était probablement daltonien et que le responsable du montage a été très vraisemblablement arrêté par la police avant de se mettre au travail. Misère. Mais, ne possédant aucune information supplémentaire sur ce triste épisode il ne lui restera que des hypothèses.

Scénariste ou pas, le spectateur constatera que l’intrigue est aussi fine qu’un vermicelle chinois.

Il affirmera également (le spectateur du monde libre) que le réalisateur capable de mettre en scène l’unique scène d’amour du film (1) en l’achevant par la femme qui crache la semence de l’homme dans le fleuve n’est qu’un épais porc.

Non ! Père, tu n’as pas compris. Le réalisateur se sert de la forme-polar (maladroitement, c’est vrai) pour un inventaire époustouflant et si tu n’y vois que de l’abject et du sordide, c’est peut-être que la vie dans ce pays là, aujourd’hui, n’est qu’abjecte et sordide ? Si tu ne décèle aucune expression sur les visages des personnages, a tel point que l’on dirait bien qu’ils sont sans-vie, c’est peut-être parce qu’ils sont si soumis, si vaincus, qu’ils ne tentent même plus de lutter ? Toi qui clames si souvent qu’un réalisateur doit avoir une idée (ou un un contenu, comme tu préfères l’appeler) à partager avec ses spectateurs s’il se dit créateur, eh, bien, réfléchis un peu sur ces questions.

Tu parles d’intrigue, mais qui se soucie aujourd’hui de l’intrigue (aussi peu crédible sois-elle) ? Les copié-collé d’un cinéma du quart-monde ne me choque absolument pas, je veux simplement apprendre, et tenter de comprendre.(2)

Ceci étant dit, si je suis totalement d’accord avec toi sur cette fameuse scène d’amour, il n’en reste pas moins qu’à mon sens, elle ne devait en aucun cas se différencier des autres. Je crois que nous pouvons sans hésiter la qualifier de sordide et abjecte.

Bref, je crois bien que nous trouvons tous les deux ce film révoltant, mais, certainement pas pour les mêmes raisons.

Ps : J’adore le groupe Boney M !


Julius et Laura Marx

(1 ) Scène d’amour, c’est beaucoup dire, mais, enfin…

mardi 15 septembre 2020

Quelle chance !




 

Oui, quel bonheur, maintenant que me voilà revenu dans le pays de l’exception culturel et du cinéma d’auteur de pouvoir enfin visionner de vrais films. Je mesure bien l’ampleur du privilège qui m’est accordé et je vous prie de croire, amis lecteurs, que je jouis sans entrave de cette nouvelle liberté. Aussi, quand je me présente devant l’entrée d’une des quatre salles du cinéma de ma ville bien-aimée, il n’est pas rare qu’un frisson s’empare de mon corps tout entier. Soyez certain que cette sensation toute nouvelle qui s’accompagne pourtant d’un léger vertige me comble d’aise, même si je ressemble, dans ces moment-là , à un oiseau migrateur imprudent passant devant le fusil d’un imbécile.

Heureusement, une fois installé dans la salle avec mon masque sur la bouche, je me reprends vite. Il faut toute sa tête pour apprécier le travail que les artistes partagent avec nous, le public, dans un grand élan de générosité dont on ne pourra jamais les remercier comme ils le mérite. Mais, la vie d’un artiste est ainsi faite. Ils sont les anti-corps de notre société ; ceux qui nous permettrons de chasser le virus un jour prochain.

J’ai même la chance de pouvoir découvrir certain films en avant-première (insultez-moi, je le mérite!)

Ce dimanche-là, j’étais donc convié (pendant que des hordes de barbares analphabètes ronflaient devant Netflix) à la projection du film Antoinette dans les Cévennes. Dans cette œuvre nous voyons comment une jeune institutrice, à la recherche de son amant marié, se retrouve sur un parcours de randonnée avec son âne. Fascinant et envoûtant récit admirablement ponctué de répliques comme celle-ci qui ne tarderont pas à devenir cultes (comme disent les jeunes) :

-8 jours de randonnée, 800 euros.

-Ah ! 800 euros, quand même !

Mais, le fil conducteur de cette intrigue il faut pourtant le chercher ailleurs avec cette question que de nombreux philosophes se sont déjà posé avant l’auteur : « comment faire avancer cette sacrée bourrique ? »

Pourtant, ce qui reste fascinant pour l’observateur avisé c’est probablement de constater qu’aucune des scènes proposées ne sort de la réalité pour s’envoler un peu dans les montagnes et devenir poésie. Pas même les scènes où la demoiselle finit par retrouver l’amant qui donnent la surprenante impression d’avoir été filmées en caméra cachée.

J’avoue qu’à la fin de cette projection je me suis senti un peu perdu, désemparé. Serais-je resté trop longtemps loin de la culture, aurais-je perdu tout sens critique ? En avouant à ma compagne, un peu penaud, que le meilleur moment du film (et de très loin) restait pour moi la voix de Dean Martin dans le Rio Bravo d’Howard Hawks sur le générique de fin , je me suis promis de m’abonner dès le lendemain à Télérama.

Plus tard, la directrice du cinéma a procédé à un tirage au sort ; le premier prix : une journée avec un âne. Quittons-nous avec cette réplique de ma douce moitié, chuchotée dans mon oreille :

-Pffff… Moi ça fait quarante ans que je vis avec un âne.


Julius Marx

mardi 31 mars 2020

Occupons-nous l'esprit !




Bon, période de confinement oblige, vous avez sûrement entendu la consigne assénée plus que de raison par les médias : il faut vous occuper l’esprit !
En lisant enfin La Recherche pour les plus courageux, en recopiant de façon manuscrite des dizaines d’autorisation dérogatoire de sortie pour les plus consciencieux ou en fabriquant des masques de protection respiratoires à l’aide des bonnets 90 A des soutien-gorge de votre compagne pour les plus créatifs.
Pour les amateurs de cinéma, le challenge est beaucoup plus compliqué. Car, vous le savez maintenant, l’amateur de ciné ne s’occupe pas l’esprit et préfère l’enrichir. Voici donc quelques exercices écrits et résolument ludiques, à réaliser , bien confinés, at home.
Occupez-vous l’esprit en essayant de déterminer, par exemple, l’unité organique et le pathétique dans la composition du Cuirassé Potemkine (Vous avez deux heures.)

Ou bien alors tentez de prouver, images à l’appui ( en visionnant la totalité de l’oeuvre ) que, comme l’écrivait Jean-Luc Godard dans les Cahiers du Cinéma en juin 1957, « Alfred Hitchcock n’a jamais tourné un seul plan gratuit. Les plus anodins, en fin de compte, servent toujours à l’intrigue qu’ils enrichissent un peu à la manière dont la petite « touche » chère aux impressionnistes enrichissaient le tableau .» (Vous avez 15 jours.)

Ces deux sujets étant (j’en suis bien conscient) assez riches et parsemés de pièges, vous pourrez ensuite vous accordez une période de pause en visionnant, par exemple Mon Curé chez les Nudistes de Paul Thomas(1982) et réfléchir (pour les cinéphiles les plus déterminés) sur cette définition de l’amateur proposée : «  Le nudiste se voulant «  séparé » de la société , « Sa désadaptation en fait souvent aussi un timide sexuel qui se réfugie parfois dans les perversions précoces: qu'il en garde le sentiment d'une réprobation sociale complémentaire et que son penchant au système s'en saisisse, le voilà théoricien de la liberté sexuelle. » (Vous avez la nuit).
Ne me remerciez surtout pas pour tout ces sujets , je me suis moi-même largement occupé l’esprit en vous les préparant.

J’ajoute que si vous n’avez pas trouvé le temps nécessaire de vous rendre au ciné avant la déclaration de guerre pour vous régaler du film Sud -Coréen Les Parasites, vous avez encore fort heureusement la possibilité de le louer ou de l’acheter sur notre bien-aimé Youtoube. De ce thriller (pour une fois cette appellation n’est pas ridicule) nous parlerons ensemble longuement dans une prochaine chronique. Pour le moment, je vous laisse car il est grand temps pour moi de m’occuper l’esprit.

Rendez-vous en Enfer.

Julius Marx

lundi 9 mars 2020

Dialogue



Durant sourit étroitement, puis rigola. Elle fronça les sourcils.
-Ce doit être ton premier rire depuis un mois.
-Il n'y a rien eu de drôle jusqu'à maintenant.
-Même quand toi et la  star de cinéma avez fait amitié?
Il lui jeta un regard rapide, pas vraiment étonné.
-Tu crois qu'on a fait ça?
-Même si tu ne l'as pas laissé voir, elle, si. Mais tu as des années et des années d'expérience. Je crois bien que personne d'autre n'a remarqué, à part Autremec. En tout cas, elle est plutôt sympa. Je crois qu'elle me plaît, quoique je n'arrive toujours pas à croire qu'elle est si célèbre.
-Elle a grimpé pendant les quatre ou cinq dernières années.
-Alors peut-être devrais- je aller voir quelques-uns de ses films.
-Tu n'as pas besoin d'aller voir, dit Durant. Tu peux les louer en cassettes pour deux ou trois thunes.
Te les passer chez toi au magnétoscope. Faire ton propre pop-corn au micro-ondes. Passe les séquences ennuyeuses en accéléré.
-C'est ça, la principale avancée culturelle que j'ai manqué?
-Je n'en vois pas d'autres, dit Durant.

Ross Thomas
Voodoo, Ltd.
Traduction Jean-Patrick Manchette

mardi 21 janvier 2020

Série B





(Article publié dans l'excellente revue "L'indic")


Quelqu’un a écrit (je crois que c’est Fritz Lang dans le bouquin de Lotte Eisner ) qu’un créateur devait absolument brûler quelque chose pour faire correctement son boulot. Et Lang sait de quoi il parle puisque à peine débarqué de l’Allemagne nazie pour son premier film américain (Fury-1936) il égratigne méchamment les bons citoyens croyant pouvoir se passer de démocratie.
Ce préambule pour vous parler de Murder by Contract (Meurtre sous contrat-1958) de Irving Lerner. Ce film, très agréable à visionner au demeurant, c’est un peu l’exemple antinomique de la réflexion de Lang. Il nous raconte la brève carrière d’un hitman (tueur à gages). Dès la première scène du film où l’ homme se prépare à sortir nous comprenons, principalement grâce son comportement, (gestes méthodiques, pas la plus petite trace d’émotion sur son visage un peu comme le Parker de Westlake ) que nous avons à faire à type très déterminé. Oui, mais, déterminé à quoi ? Cette question se résout dès la deuxième scène où il se rend à un rendez-vous d’embauche.
Finalement recruté par le milieu, Il va remplir plusieurs contrats en donnant entière satisfaction à ses employeurs jusqu’à celui qui le mènera à Los Angeles et à sa perte, par la même occasion.
Bref, nous avons là une assez bonne description de ce genre de spécimen qui fleurit aujourd’hui dans notre littérature et notre cinéma. Mais, c’est un peu mince tout de même.
De ce personnage principal, nous n’apprenons rien, ou presque, de sa vie ou de ses motivations. La seule info disponible reste que l’homme veut se payer une belle maison au soleil. Caractérisation très incomplète du héros si l’on pense au While the city sleeps de Fritz Lang , sorti deux ans auparavant. De ce tueur appelé le Lipstick-Killer on apprend tout ,ou à peu près, ( car vous savez maintenant, amis lecteurs, qu’un personnage doit toujours conserver une part d’ombre, même si elle reste infime). Lang prend surtout grand soin de nous présenter ce personnage dans son environnement et aussi de nous parler de sa psychologie (très complexe, bien évidemment). Ensuite, il est beaucoup plus facile d’accompagner l’homme dans sa quête et du même coup, tenter de comprendre pourquoi une société dite « idéale et démocratique » peut engendrer de tels monstres ?
Voici donc les limites d’un film dit de série B ; un script le plus souvent habilement ficelé, et c’est tout. Aucune recherche particulière, pas de combat, pas de prise de position.
Beaucoup de spectateurs vont de suite me siffler en me hurlant dans les oreilles que le public a besoin de série B. Que voulez-vous ? Leur répondrais-je, un bon divertissement ou bien quelque chose d’un peu plus relevé qui nous pousse, nous, spectateurs, à réfléchir ? Pour ma part, je voudrais les deux. Peut-être suis-je trop gourmand, après tout.

Julius Marx



(1) Je me dois de vous signaler que (d’après celui qui a mis en ligne ce film ) c’est un des films préférés de Martin Scorcese. Je ne suis pas allé lire ce qu’il en pense. Si je me suis trompé, et bien tant pis ! L’amateur que je suis trouverai si délicieux de ne pas être du même avis qu’un maître .

dimanche 1 décembre 2019

Autrefois




Gloria Mundi, le dernier film de  Robert Guédiguian n'est pas un film de Robert Guédiguian. Autrefois, un film de Robert Guédiguian, c'était une promesse d'amour, de poésie, de partage : bref, une chaleur magnifique qui nous tenait au corps bien longtemps après la sortie du ciné.
Aujourd'hui, l'amour est devenu pornographique, la poésie n'a  plus sa place et le "chacun pour soi" de notre belle société libérale règne en maître.
Les personnages sont tous (ou presque) négatifs. Plus d'amitiés frivoles ou sincères,  mais des  êtres toujours réalistes et matérialistes, sans aucun rêve. Le seul qui s'essaie encore à la poésie est un taulard qui a "manqué" les vingt dernières années de cette histoire de famille.
Pour le décor, c'est un peu la même chose. Autrefois, une baraque fraîchement repeinte devenait un douillet nid d'amour. Il suffisait d'y croire. Aujourd'hui les immeubles froids et autres centres commerciaux s'alignent en lieu et place de ce qui nous faisait tant rêver. Ce Marseille là est très loin de nous faire rêver. Fort heureusement, il reste la mer et "l'appel du large".
Enfin, les acteurs sont tous très bons, c'est presque une évidence dans un film de Guédiguian et je mettrais tout de même une petite piécette sur le jeune Grégoire Le Prince-Ringuet, pour sa folie très juste et réservée.
Pour terminer, écoutons ce magnifique échange dans le foyer de l'hôtel
                                                         
                                                                  Le travailleur immigré 

                                                             Mais toi, qu'est-ce que tu fais ici?
                                                                   Daniel
                                                              Comme vous, parce que c'est pas cher
                                                               
                                                                 travailleur immigré 
                                                              Mais toi, t'es d'ici.
                                                                 
                                                                     Daniel
                                                               Je sors de prison
                                                             
                                                                    Travailleur
                                                               Tu as de la chance, nous, on en sortira jamais.


Allez en paix et tâchez de survivre.
Julius Marx
                       

jeudi 14 novembre 2019

Docus !




C'est un fait; le cinéma a définitivement sombré. Les films de fictions ne sont plus que des documentaires sur le quotidien, les malaises et autres misères relationnelles. Alors, comment faire pour s'adonner à ce plaisir solitaire unique? Regardez des documentaires!
Jadis ennuyeux , souvent pompeux et presque toujours mal foutus, par manque d'argent ou de talent, que sais-je encore? Ils sont aujourd'hui passionnants. Beaucoup mieux écrits, montés et filmés que les longs-métrages, ils apportent à leurs spectateurs un magnifique regard sur notre monde qui s'effondre (oui, comme le ciné, décidemment !) Nous avons déjà parlé ici du magnifique et spectaculaire Wenders consacré au photographe Sebastiao Salgado, alors, occupons-nous sans plus attendre d'autres belles réussites comme "Le funeste destin du docteur Frankenstein
 Documentaire de Jean Froment (France, 2017, 52mn). Ce "thriller-romantique" admirablement bien construit s'occupe tout d'abord du roman de la jeune Mary Shelley écrit en 1816, ce Prométhée moderne qui n'a cessé d'influencer et de terrifier. C'est donc à partir de ce chef-d'oeuvre que le doc
dénoue les thématiques philosophiques et littéraires pour finir par s'interroger sur une science devenue folle, osant toutes les manipulations pour sa quête de l'immortalité. Avec malice et intelligence,les auteurs ne laissent pas passer l'opportunité de mettre notre époque en perspective. Tout ceci est très brillant, bien habillé et filmé ( les intertitres d'inspiration gothique sont magnifiques) et très intelligent . Et puis, on apprend tellement de choses surprenantes, notamment sur l'auteur et sa créature que le plaisir est complet. Visionnez et régalez-vous. Nazis, espions simple ou double, politiciens corrompus, banquiers véreux et autres magiciens de la finance, se croisent et se recroisent dans la passionnante enquête "Le système Octogon" de Jean-Michel Meurice (2011).Il semble même que la production de ce doc "dérangeant" fût, elle aussi, une histoire d'influence et de lutte interne au sein de la télé franco-allemande Arte. Raison de plus pour découvrir cet excellent boulot d'investigation. Visionnez et indignez-vous. Très belles images d'archive ( Ford et Dorothéa Lange, entre autre !) et commentaires pertinents également pour le roman de la colère (Priscillia Pizzato-2018) bâti autour du chef d'oeuvre de Steinbeck qui débute par cette phrase " Il ne peuvent pas m'abattre maintenant, parce que ce serait trop flagrant". Visionnez et lisez. Allez, on se retrouve plus tard. Julius Marx
"Ils ne peuvent pas m’abattre maintenant, parce que ce serait trop flagrant
"Ils ne peuvent pas m’abattre maintenant, parce que ce serait trop flagrant
"Ils ne peuvent pas m’abattre maintenant, parce que ce serait trop flagrant

mercredi 15 mai 2019

Métre-Etalon



(Article paru dans l'indispensable revue "L'Indic")

Allez, ne soyons pas pusillanimes et attaquons-nous tout de go à l’un des classiques du film noir avec The Big Sleep ( Le Grand Sommeil) d’Howard Hawks (1948). Le même Hawks a déjà réalisé LE classique du Noir avec son Scarface en 1933.
Pour parler d’un film comme celui-là, il est souhaitable d’oublier volontairement les nombreux poncifs rebattus par nombre de critiques chevronnés ( le couple mythique Bogart-Bacall, l’histoire impossible à comprendre (même pour le réalisateur parait-il), le grand Faulkner à l’écriture du scénario etc) pour nous concentrer sur une seule vraie question : Pourquoi ce film reste-t-il, après toutes ces années, un indiscutable classique du Noir ?
A mon sens, l’un de ses premiers atouts, c’est son mode de récit. Ce qui frappe en revoyant le film c’est cette rare et délicieuse sensation d’ouvrir un roman et de faire dérouler l’histoire, soi-même, chapitre par chapitre, sans jamais utiliser de marque-page. On peut juste regretter de n’être pas allongé dans son lit douillet, mais recroquevillé dans un des ces fauteuils inconfortables qui font la réputation des salles d’art et d’essai. Bon, revenons à cette sensation qui n’est généralement possible qu’avec un Point of wiew -With, c’est à dire, en français « avec le personnage-principal ».Pour résumer simplement, imaginons que le spectateur découvre les éléments constitutifs de l’intrigue en même temps que le personnage principal. Il n’est donc jamais en avance (ni en retard, bien entendu) sur lui. Ce mode de récit est clairement annoncé dès le premier plan du film (et vous connaissez maintenant l’importance du premier plan dans un film) avec la main de Marlowe qui frappe à la porte de la maison Sherwood. Ce plan subjectif marquant le début de l’enquête du privé et du même coup notre entrée dans le récit. Si l’on adopte ce point de vue, il est indispensable évidemment que le personnage principal (ici Marlowe) participe à la plus grande partie des scènes dans le but évident de ne pas perdre le spectateur en route.
Bon, ceci étant dit, le récit se poursuit. Le subjectif abandonné (1) nous avons droit à une description très complète de Marlowe par des tiers (le valet qui le fait entrer dans la maison, les filles du général Sherwood, le général lui-même ,etc). Et puis, pour terminer sur le script et le mode de récit, disons que l’univers diégétique est accompli. Nous avons là, réunis et en parfaite symbiose , les nombreux codes et clichés (2) du Noir.
En analysant le contenu, nous trouvons une deuxième raison de nous réjouir.
Vous le savez, pour faire un bon noir il faut de la corruption, des meurtres et du vice. A l’évidence, ce film ne manque pas de toutes ces jolies choses. Les personnages Chandlériens étant tous plus on moins corrompus à des degrés divers.Un riche général à la retraite condamné à ne plus boire que par procuration, ses filles, qui se chargent de dilapider l’héritage sans aucun états d’âme, des pauvres, prêts à tuer pour des sommes dérisoires, des représentants de l’ordre corrompus, et enfin , des malfrats qui agissent comme de véritables bêtes sauvages.
De toute évidence, l’intrigue témoigne bien du trouble, du dérèglement, qui agitait ce monde-là.
Bref, ne serais-ce que pour ces deux raisons principales, ce chef-d’oeuvre du cinéma Noir reste un des mètres-étalon du genre. Ajoutons simplement que la violence contenue de Bogart convient parfaitement au personnage crée par Chandler.
Alors, vous comprendrez aisément, je pense, que même si le réalisateur lui-même, révèle qu’il n’a pas compris l’intrigue, cela n’a vraiment aucune importance.

Julius Marx



(1) Le lymphatique blondinet Alan Ladd réalisera lui aussi un Marlowe entièrement tourné en subjectif. Une curiosité.
(2) Pour ceux qui arrive seulement maintenant, je rappelle une fois de plus que le mot « cliché » dans l’univers codé du scénario n’a évidemment pas la même signification que dans la vraie vie. Il s’agit là d’indispensables codes de narration.

vendredi 12 avril 2019

Un montage




Juste quelques minutes pour voir ce qu'est un montage, un vrai !  Enjoy !

lundi 1 avril 2019

Cahiers de Cinéma (8)






Youtoube bien-aimé

Je suis tombé par hasard (n’en déplaise au barbu viennois) sur une interview de Maurice Pialat. Cet homme respectable a visiblement souffert de la fameuse réplique lancée à ses détracteurs au festival de Cannes : « Si vous ne n’aimez pas »...etc. Oui, souffert, parce que le public et les médias lui ont immédiatement collé sur sa veste en tweed de réalisateur l’étiquette « Méchant-grincheux » comme les enfants espiègles vous collent un poisson dans le dos le jour du premier avril. Sur mon Youtoube bien-aimé, les vidéos ne manquent pas ! Maurice dit du mal de la nouvelle vague, Maurice se moque des réalisateurs finlandais, Maurice n’aime pas la plage et les barbecues...Bref, tout ceci n’est pas très sérieux. Si l’on prend la peine de bien écouter, il y a évidemment matière à réflexion. Dans la séquence que j’ai donc visionnée, Maurice s’en prends à Jean Renoir et plus particulièrement à l’un de ses derniers chef-d’oeuvre : French-Cancan. Si l’ensemble de son argumentation est plutôt cohérent, l’une de ses remarques, pourtant, m’a bien fait rire. Pialat pense que la jeune demoiselle à qui Renoir a confié le premier rôle ne lève pas la jambe assez haut ! Pour lui, tout ceci reste assez factice et pour tout dire irréel. Voilà bien la fameuse réalité qui pointe le bout de son nez. Je me demande aussi pourquoi il n’a pas parlé des décors de Montmartre ou des différents tableaux peints tout aussi factices. Nous comprenons grâce à cette simple remarque que Maurice (je me permet de l’appeler Maurice pour éviter les répétitions) a donc délibérément mis de côté la notion de spectacle en préférant orienter ses films (ou devrais-je dire ses expériences?) vers le concret, le réel. Le fait qu’il dénonce ainsi ce film de faux-semblant dédié au monde du spectacle et aux saltimbanques est donc totalement justifié et nous rempli d’une joie immense.

Franco Lecca

« En Sicile, la lumière est, comment vous dire, crépusculaire. C’est une sorte de lumière que l’on pourrait qualifier d’excessive et qui appelle à la solitude. »
Franco Lecca (chef-opérateur de la série des Montalbano, d’après l’oeuvre de Camilleri).
Cette phrase est extraite d’une interview de ce chef-opérateur pour un média américain. Le documentaire sur l’univers Montalbano fait une vingtaine de minutes et ce qui est frappant, c’est l’ordre de narration voulu par les auteurs de ce doc.
Tout d’abord, place au seigneur des lieux, le commissaire ( Luca Zingaretti) puis, vient le réalisateur et enfin le chef-opérateur sus-nommé. Pour le reste, nous découvrons les autres acteurs de la série, les lieux si particuliers etc. Nous avons donc la confirmation évidente que pour nos amis ricains, la sainte trilogie d’un film se compose bien du personnage principal, du réalisateur et de son chef-opérateur (celui qui supporte l’intrigue/ Celui qui la met en forme/ celui qui l’éclaire et la cadre.) Voici comment un simple petit docu peut se révéler très instructif.



Sujets et contenus

Si ces deux-là s’entendent généralement assez bien, il y a pourtant de petites tensions dans ce couple. Tensions que nous allons tenter de régler illico.
Le sujet , c’est le fond du scénario. Par exemple : la guerre. Nul besoin de vous énumérer les nombreux films avec ce même sujet brûlant de Deer Hunter à La septième compagnie au clair de lune. Quant au contenu, c’est ce que l’auteur va pouvoir faire avec ce sujet.
S’il y a des sujets qui sont aujourd’hui devenus quasiment des « clichés » comme, par exemple, celui du seigneur qui ne comprends plus le monde dans lequel il vit (Le Guépard- Le Salon de Musique ou même le magnifique The Gunfighter de Henry King ) le contenu lui, reste et restera (espérons-le mes amis) un point de vue, une opinion clairement exprimée.


Fascination

Etrange et fascinant de revoir Stagecoach. De découvrir encore des détails, des plans que l’on avait oubliés ou simplement occultés. Et puis, cette fascination pour les différents personnages travaillés à l’extrême (cherchez donc ce qu’on ne sait pas où ce que l’on apprends pas sur eux ) même s’ils ont aussi leur fameuse zone d’ombre. Bref, des personnages plus grands que la vie pourtant très imprégnés de la réalité de cette époque. Tiens, revoilà la réalité !




L’Indic
Dans le dernier numéro de cet excellent magazine, je vous parle du Big Sleep d’Howard Hawks. Il est évidemment question de polar, de personnages corrompus dans un monde qui s’écroule. Oui, je sais, c’est une véritable obsession. Bisous mes chéris.

Julius Marx